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Numérisation des minutes A3

Cette méthode a été spécifiquement pensée et conçue pour traiter les secteurs où les vestiges (notamment les architectures nécessitant traditionnellement un relevé «pierre à pierre») sont très densément répartis. S’appuyant sur une couverture photographique, celle-ci vient en outre compléter la documentation nécessaire à l’analyse architecturale (techniques de construction et nature des matériaux mises en œuvre) en plus des relevés «pierre à pierre», des calpinages et autres photos obliques ou pariétales.

Afficher un exemple multimédia présentant des relevés successifs

Relevés photographiques par «mosaïquage» d'images

Contrairement aux systèmes de levées photographiques courants qui consistent en règle générale à «capturer» de larges surfaces, puis à redresser les images ou les données «plan» issues de la levée, le "mosaïquage" d’images exploite l’idée d’une couverture photographique effectuée au plus près des vestiges en photographiant de multiples zones de surface très réduites (1,5 x 2 m, soit 3 m²).

Chaque cliché doit montrer obligatoirement quatre repères orthonormés délimitant des zones rectangulaires qui sont autant de subdivisions d’une grille initiale plus vaste apposée par le topographe (ici 6 x 8 m). Chaque relevé est effectué par zones logiques correspondant strictement aux aires de fouilles à relever. Le travail est effectué à l’aide d’une potence classique et d’un appareil photo numérique disposant d’un déclencheur à distance sans fil (ici un Canon G4 d’une résolution de 5 millions de pixels).

Principe d'enregistrement

La couverture photographique ne nécessite pas systématiquement d’enregistrement des clichés à l’unité. Elle est effectuée par bandes, chaque colonne - ou rangée - acquise se distinguant de la suivante par un cliché d’ambiance intermédiaire. Seule la notation des différentes missions (date, secteur de fouille, nombre approximatif de clichés par zone relevée) permet d’éviter toute confusion lors des travaux d'assemblage, notamment lorsque la progression du chantier nécessite une seconde couverture ou des clichés isolés complémentaires.


En jaune : le plan théorique. En bleu : le carroyage «6 x 8 m» posé par le topographe. En filaire : les subdivisions «1,5 x 2 m» montrant la disposition des repères de montage disposés afin de compenser les déformations d’échelle. En rouge : l’aire «capturée» par chaque cliché. Les flèches illustrent le principe général de «capture» par bandes

Ortho-redressement

Chaque photographie subit deux altérations. Ces étapes permettent d’ortho-redresser chaque cliché d’une part en rectifiant les déformations d’optique, et d’autre part en corrigeant les déformations de perspective. Cette étape permet en outre de conformer chaque image à un couple «résolution/taille d’image» utile et unique, et de recouper les zones redondantes.

Le redressement des déformations d’optique permet de réduire les déformations de barillet dues aux optiques photographiques. Le travail exploite un algorithme issu du travail de M. Helmut Dresch, professeur d’optique allemand qui a développé un utilitaire (ou plugin) utilisable sous Photoshop.

L’étape est automatisée via l’utilisation de scripts ou «droplet» depuis Adobe Photoshop et peut donc s’effectuer en aparté.

La seconde étape consiste à ouvrir chaque cliché puis à utiliser l’outil «recadrement» et l’option «perspective» sous Adobe Photoshop (version 8 ou ultérieure). Cette manipulation permet de placer les angles de l’image finale à venir, à l’aplomb des repères visibles sur le cliché, puis à recouper l’image tout en modifiant la taille de l’image comme la résolution. L’image résiduelle, après recadrement, montre les quatre repères parfaitement disposés aux angles de l’image.

Limitations

Le recul de l'objectif étant de peu d'importance (une distance guère supérieure à 3 mètres environ sépare les structures de l'appareil photo), le procédé est exploitable lorsque les faits à enregistrer se situent globalement sur un même plan. On ne peut en effet capturer plusieurs plans sur un même cliché sans obtenir des aberrations d'échelle.

La mise à l'échelle étant rendue possible par les repères présents sur les clichés, la disposition de ceux-ci en altitude permet aussi de temporiser les micro dénivellations.

Dans une certaine mesure des "voies" de contournement existent. On pourra par exemple enregistrer en deux parties une même zone montrant un niveau de sol placé à une altitude A puis disposer de nouveaux repères afin d'enregistrer par ailleurs un mur encore en élévation situé à un plan supérieur. Le travail en labo consistera alors à regrouper des noyaux d'images.

Bien souvent lorsqu'un bloc de grandes dimensions ou qu'une structure en creux s'inscrit dans le plan il suffit d'ajouter quelques clichés zénitaux de ces faits qui formeront autant de vignettes (ou rustines !) venant rectifier le montage.

Échelle de travail

Le choix d'une échelle de travail est dans une certaine mesure arbitraire bien qu'il soit lié voire dépendant de l'équipement utilisé. La taille de la potence détermine le recul possible et de ce fait l'étendue de la surface au sol acquise, tandis que la résolution utile des appareils photo-numériques détermine la précision ou finesse maximale des images.

Le procédé est nouveau et doit se montrer totalement convainquant. Dans la mesure où il vient remplacer entièrement l'enregistrement dessin traditionnel, il nous a semblé essentiel de pouvoir produire des images de haute définition au moins aussi bonnes qualitativement qu'un dessin au 1/20ème.

Nous avons retenu l’échelle 1/20 et une résolution d'image de 300 Dpi, soit un fichier image de 7,5 x 10 cm par zone de 3 m² qui permet d’exprimer les vestiges archéologiques dans leurs détails les plus fins.


1. Extrait d'un relevé. En encadré la zone
figurant la photo 2 (ci-dessous).



2. Vue rapprochée illustrant la précision des images résultant du procédé

 

Exploitation du fonds documentaire

L’ensemble constitue un fonds photographique de haute résolution et peut faire ensuite l’objet de traitements distincts en fonction des besoins des archéologues.

Durant l'opération de fouilles sont produits des documents en noir et blanc et à l'échelle 1/50 qui servent de supports d'enregistrement (numérotations des US, altitudes, surlignages des ensembles peu marqués). Le fonds est alors support graphique à l'enregistrement.

En début de post-fouille des tirages A0 offrent aux différents responsables de secteurs des documents graphiques de travail extrêmement appréciés.

En vue de la publication, le fonds est exploité pour la vectorisation des données sous Adobe Illustrator ; dans ce cas, il remplace les minutes de terrain.

En fonction des faits et de la qualité des prises de vues, la publication d'extraits photographiques est bien évidemment possible.


 

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